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Transcription de la lettre · Letter transcription · نص الرسالة

II

8 · III · 1806

Lettre de Sidi Soliman Mellimelli à James Madison

Sidi Soliman Mellimelli to James Madisonرسالة سيدي سليمان مليملي إلى جيمس ماديسون

Lettre de Sidi Soliman Mellimelli à James Madison · 1Lettre de Sidi Soliman Mellimelli à James Madison · 2Lettre de Sidi Soliman Mellimelli à James Madison · 3

N° 7
Sidi Soliman Mellimelli, ambassadeur, etc., au secrétaire d’État
Salut.

En réponse à votre lettre d’hier, j’ai l’honneur de vous informer qu’aucune paix entre les États-Unis d’Amérique et la Régence de Tunis ne pourra jamais être durable tant que le gouvernement desdits États ne se conformera pas à l’usage pratiqué par les puissances chrétiennes de même importance, et n’offrira pas de temps à autre des présents en fournitures militaires à la Régence de Tunis. Ma proposition de faire envoyer quelques articles de cette nature par le Lebeque, à son retour auprès de Son Excellence mon maître, procédait de mon vif désir de favoriser une bonne entente entre lui et Son Excellence le Président, dans l’espoir que, au gré des événements, quelque chose vienne rapprocher les vues des deux parties et prévenir ainsi une guerre.

Ces conditions ayant été rejetées par Son Excellence le Président, j’ai maintenant l’honneur de proposer, et, si elle est acceptée, de conclure, une trêve entre les parties pour une durée d’un an à compter de mon arrivée à Tunis, car je souhaite éviter que nos gouvernements respectifs ne tranchent précipitamment des affaires d’une telle importance, qui pourraient entraîner des conséquences aujourd’hui incalculables pour les deux parties. Mais si Son Excellence le Président estime qu’une période d’un an est trop longue pour la discussion et souhaite qu’une décision définitive soit prise dès mon arrivée à Tunis, je suis chargé de vous informer que ce délai peut être réduit à un mois, commençant de la même manière, le choix entre l’un et l’autre étant laissé au Président des États-Unis.

Par la lettre de créance que j’ai eu l’honneur de remettre à Son Excellence le Président dès mon arrivée en cette ville, vous aurez appris que mon maître m’a [mot illisible] les pleins pouvoirs pour traiter de toutes ses affaires auprès de ce gouvernement et a promis de ratifier tout arrangement que je jugerai bon de conclure en son nom avec Son Excellence le Président. Par conséquent, les mesures que vous proposez de prendre en Méditerranée pour vous assurer auprès du Bacha lui-même s’il veut la guerre ou la paix sont superflues, puisque cela peut être établi ici même ; et je présume que l’objet de la présente communication dissipera tout doute dans l’esprit du Président quant aux intentions de Hammouda Bacha.

Que la trêve soit conclue pour un ou pour douze mois, je prie respectueusement Son Excellence le Président d’avoir la bonté d’en indiquer la durée dans sa lettre au Bacha de Tunis, que j’espère avoir l’honneur de porter, en réponse à celle que je lui ai remise à mon arrivée, et d’y joindre un duplicata de tout accord qui pourrait être conclu, signé et scellé par les parties contractantes, afin d’éviter toute possibilité de malentendu.

C’est avec un profond regret que je quitterai ce pays alors que nos affaires se présentent sous un jour si peu favorable, mais je suis tenu d’obéir aux ordres de mon maître : ce qui dépendait de moi, je l’ai déjà fait ; il ne reste plus à présent qu’à attendre les événements.

J’ai l’honneur, etc.
Signé : Sidi Suliman Mallimalli
Ville de Washington, 8 mars 1807 [sic]
À l’honorable James Madison

Tobias Lear Papers, William L. Clements Library, University of Michigan

English transcription after the Clements Library; French and Arabic translations by Krater Korp. The letter is dated 1807 in the hand; catalogued as 8 March 1806.